C'était un pompier qui n'aimait pas du tout l'uniforme noir qu'il devait continuellement porter. Il aurait voulu un uniforme rouge.
L'idée lui en était venue le jour où, admirant la belle couleur rouge de la braise de bois brulé, il s'était dit : « Mais... j'aimerais beaucoup que mon uniforme soit rouge comme cette braise! »
Il avait alors décidé que, coute que coute, il aurait un uniforme rouge.
Il se mit à réfléchir et à penser profondément. Il essayait de trouver quel moyen prendre pour rendre son uniforme rouge. Il se dit alors : « Hum! Hum! Le feu produit des braises rouges... Si je mets le feu à mon uniforme, il deviendra surement rouge comme la braise. Ha! Ha! » Et il partit tout content se chercher des allumettes.
Il en alluma une et mit le feu à son bel uniforme. Il vit de belles flammes rouges et il était content. Son uniforme était tout rouge, exactement de la couleur qu'il désirait obtenir.
Mais quand le feu se fut éteint, son bel uniforme rouge était redevenu tout noir. Et même, il était complètement disparu : il avait brulé. Ah!... Le pompier était très malheureux. Il se dit : « Je n'avais pas pensé à cela. Le feu a brulé mon uniforme et j'ai ainsi perdu mon uniforme… Quel malheur! »
Mais il reprit courage.
« J'ai un deuxième uniforme. Celui-là, je n'y mettrai pas le feu. Je ne veux pas le perdre. Alors, que vais-je faire? »
Et il se mit de nouveau à réfléchir. Il réfléchit. Il réfléchit. Il réfléchit longtemps. Puis là, une idée lui vint.
« Je vais prendre du beau papier rouge. Je vais aller chercher de la colle, coller le papier rouge sur mon uniforme et alors, j'aurai un bel uniforme rouge. »
C'est ce qu'il fit. Il partit en courant chercher des ciseaux. Il découpa du papier rouge, et colla le beau papier rouge sur son uniforme. Alors, il admira son travail : « Oh! Comme mon uniforme est beau! Comme il est merveilleux! »
Il pensait bien avoir résolu son problème.
Mais un jour, dans la caserne, la sirène d'alarme retentit. Les pompiers étaient appelés pour combattre un incendie. Et les pompiers, vite, vite, vite, montèrent dans leurs camions. Notre petit pompier était avec eux, bien sûr. Et bien sûr aussi, il portait son bel uniforme rouge.
« Ou!Aaaa… Ou!Aaaa… Ou!Aaaa… », hurlaient les sirènes.
Les camions à incendie se dirigeaient vers une maison en flammes. Arrivé là, notre pompier saisit une lance à incendie et commença à éteindre le feu.
Mais au fur et à mesure qu'il éteignait le feu, un peu d'eau giclait sur lui. Puis de plus en plus d'eau. Et lentement, le papier se décolla. Il commença à déchirer. Alors, quand le feu fut éteint, notre pompier avait de nouveau perdu son bel uniforme rouge.
Le papier était tombé. La colle ne collait plus. Et une fois de plus, son uniforme était redevenu noir. Notre pompier se sentait encore plus malheureux que la première fois.
« Ah! se dit-il en versant des larmes. Je n'avais pas pensé que le papier et la colle ne font pas bon ménage avec l'eau. Mais… je n'abandonnerai pas. Je veux avoir un uniforme rouge! Que pourrais-je bien faire? »
Alors, lui vint une troisième solution.
« Hum! J'ai déjà remarqué que les betteraves… le jus des betteraves… lorsqu'il tache, par exemple une nappe de table, celle-ci, malgré de nombreux lavages, demeure toujours rouge. Toujours rouge… »
Notre pompier courut aussitôt à l'épicerie et acheta une belle grosse betterave rouge. Il revint chez lui, mit la betterave dans une marmite et la fit cuire. Lorsque la cuisson fut achevée, il recueillit tout le jus de la betterave et ce jus, il le versa dans un gros pot.
Ensuite, il vida tout le contenu de ce pot de jus de betteraves sur son uniforme noir. Et peu à peu, son uniforme noir devint rouge.
Et peu à peu aussi, notre pompier commença à sourire. Il ouvrait de grands yeux de joie. Il était content.
Son uniforme était devenu complètement rouge. Il savait que maintenant, même l'eau ne réussirait pas à faire disparaitre la couleur de son uniforme.
Il était content. Il était heureux.
Il se dit enfin : « Hé! Hé! Je n'ai pas perdu courage et j'ai réussi. J'ai trouvé la solution à mon problème. J'ai enfin et pour toujours, un bel uniforme rouge. »