|
L'orthographe
Rectifications de l'orthographe
|
Le contenu de ce document
est une adaptation de l'ensemble des recommandations de l'OQLF
apparaissant sur son site et concernant la nouvelle orthographe.
http://www.oqlf.gouv.qc.ca/
Il est également redevable au site d'information sur la
nouvelle orthographe française recommandée, http://www.orthographe-recommandee.info,
ainsi qu'au site http://www.ccdmd.qc.ca/fr/franc/accfranc.html
où, en cliquant dans l'encadré sur Exercices
en ligne, puis sur l'icône du Musée de la nouvelle
orthographe, vous trouverez une information interactive.
Le présent
document est écrit en orthographe
rectifiée.
1. Recommandations
générales [4
articles]
2. Trait d'union et soudure
[6 articles]
3. Pluriel [2 articles]
4. Accents et
tréma [4 articles]
5. Simplification des
consonnes doubles [3 articles] |
6. Accord d'un
participe passé [1 article]
7. Anomalies [4 articles]
8. Écrire en
nouvelle orthographe [1 article]
9. Liste
alphabétique des mots rectifiés
|
1.
Recommandations
générales [4 articles]
1.1 Présentation des
rectifications orthographiques
Les rectifications de
l’orthographe proposées par le Conseil
supérieur de la langue française (France) en 1990
vont dans le sens d’une simplification de certaines graphies.
Ces propositions visent à supprimer des anomalies, des
exceptions ou des irrégularités de
l’orthographe française.
L’ensemble des mots rectifiés
représente un peu plus de deux-mille mots; les
rectifications touchent à peine, en moyenne, un mot par
page. Une bonne partie des mots rectifiés sont
d’emploi peu fréquent, par exemple :
bisaigüe, lignerole, saccarase, etc.
Le contenu des articles de la BDL qui portent sur
l’orthographe rectifiée provient de la publication
Le millepatte sur un
nénufar – Vadémécum de
l’orthographe recommandée produite
par Renouvo (
http://www.renouvo.org/assoc.php),
un réseau pour la
nouvelle orthographe du français qui regroupe
différentes associations : l’AIROÉ
(Association pour l’information et la recherche sur les
orthographes et les systèmes
d’écriture) en France (
http://airoe.org/),
l’ANO (Association pour la nouvelle orthographe) en Suisse (
http://membres.lycos.fr/northogr/),
l’APARO (Association pour
l’application des recommandations orthographiques) en
Belgique
(http://www.fltr.ucl.ac.be/FLTR/ROM/aparo/aparo.html
et le GQMNF (Groupe québécois pour la
modernisation de la norme du français) au Québec.
Ces groupes sont en faveur de l’application des
rectifications orthographiques.
Les listes de mots présentées dans les articles
sont tirées intégralement du
Millepatte sur un
nénufar. Les courtes explications portant sur
les changements apportés sont également extraites
de ce document; certaines d’entre elles ont
été très
légèrement modifiées, dans leur forme
et non dans leur contenu, pour privilégier un texte continu.
N’apparaissent dans les articles que les graphies
rectifiées; aucune forme traditionnelle n’y
figure. Les listes contiennent les abréviations suivantes :
adj (adjectif),
adv (adverbe),
loc (locution),
n (nom),
nf (nom
féminin),
nm
(nom masculin),
pl
(pluriel),
v
(verbe).
Bien que les rectifications orthographiques aient
été proposées en 1990,
l’utilisation effective des nouvelles formes n’est
pas encore généralisée. Les
flottements dans l’emploi des graphies rectifiées
que l’on observe, entre autres dans les dictionnaires usuels,
illustrent bien le fait que nous sommes encore dans une
période de transition. À l’instar de
l’Académie française, qui, en 1991,
déclarait que les anciennes graphies demeuraient admises et
qu’on ne pouvait pénaliser les nouvelles graphies,
l’Office
québécois de la langue française
estime que ni les graphies traditionnelles ni les nouvelles graphies
proposées ne doivent être
considérées comme fautives.
[…]
© Gouvernement du Québec 2002
1.2 Franciser la graphie
des mots d'origine étrangère
D’une manière générale, il
est recommandé aux auteurs de dictionnaires et aux
créateurs de mots de franciser, dans la mesure du possible,
les mots empruntés, en les adaptant au système
graphique du français (ex. : débatteur, musli),
et de donner la préférence, lorsque plusieurs
formes existent, à celle qui est la plus proche du
français (ex. : paélia,
taliatelle).
1.3
Préférer le n simple dans certains mots
dérivés
D’une manière générale, il
est recommandé aux auteurs de dictionnaires et aux
créateurs de mots de préférer, pour
l’écriture de mots nouveaux
dérivés de noms en -an, le n simple, et, pour
les dérivés de noms en -on, le n simple devant i, o, a (ex. : -onologie, -onaire, -onalisme,
-onite [ex. : réunionite]).
1.4
Privilégier une graphie simple
D’une manière générale, il
est recommandé aux auteurs de dictionnaires et aux
créateurs de mots de privilégier la graphie la
plus simple lorsque plusieurs formes sont en usage, par exemple : la
graphie sans accent circonflexe (ex. : allo), la forme en n simple, le
pluriel régulier, etc.
Haut de page
2. Trait d'union et
soudure [6 articles]
2.1 Mots composés avec
contre ou entre
Le trait d’union est remplacé par la soudure dans
tous les composés formés avec contr(e)- et entr(e)-, pour
lesquels on poursuit l’action commencée par
l’Académie en 1835, 1878 et 1935 (ex. : contrappel, entretemps
sur le modèle de contrepoint,
entrevue).
2.2 Mots
composés avec extra-, infra- et ultra-
Le trait d’union est remplacé par la soudure dans
tous les composés formés avec extra-, infra-, intra-, ultra-
(ex. : extrafort
sur le modèle de extraordinaire),
comme les composés de en-,
sur-, supra-, déjà soudés.
Le trait d’union est maintenu dans les mots où la
soudure engendrerait une prononciation défectueuse. (Ex. : extra-utérin)
2.3 Mots
composés de formation diverse
Le trait d’union est remplacé par la soudure dans
certains composés formés à
l’origine d’un verbe et d’un nom, ou
d’un verbe et de -tout,
dans les composés avec bas(se),
mille-, haut(e), et quelques autres composés
(ex. : portemonnaie,
mangetout, millepatte, rondpoint sur le modèle
de portefeuille,
faitout, hautbois, plafond).
Ces mots étant devenus des mots simples, ils suivent la
règle générale du singulier et du
pluriel (ex. : un
millepatte, des millepattes sur le modèle de un millefeuille, des
millefeuilles).
2.4 Mots
composés d'éléments savants
Le trait d’union est remplacé par la soudure dans
les composés d’éléments
« savants », en particulier en -o (ex. : autoécole
sur le modèle de radioactif).
Le trait d’union est maintenu dans les noms propres ou
géographiques où il sert à marquer une
relation de coordination entre les deux termes (ex. : gréco-romain).
2.5 Mots de formation
onomatopéique ou d'origine étrangère
Le trait d’union est remplacé par la soudure dans
les composés de formation onomatopéique ou dans
les mots d’origine étrangère (ex. : bouiboui, weekend, un apriori
sur le modèle de coucou).
2.6 Numéraux
Les numéraux composés sont
systématiquement reliés par des traits
d’union (ex. : vingt-et-un-mille-six-cent-deux,
quatre-centième, un-million-cent).
On distingue ainsi quarante-et-un
tiers (41/3) de quarante
et un tiers (40 + 1/3), et aussi mille-cent-vingt
septièmes (1 120/7) de mille-cent
vingt-septièmes (1 100/27), de mille
cent-vingt-septièmes (1000/127) ou encore de mille-cent-vingt-septième
(1127e).
Haut de page
3. Pluriel [2 articles]
3.1 Mots
composés d'éléments français
Les noms
composés, avec trait d’union,
formés à l’origine soit d’une
forme verbale et d’un nom, soit d’une
préposition et d’un nom, parce que
perçus comme des mots simples, prennent la marque du pluriel
au second élément, seulement et toujours
lorsqu’ils sont au pluriel (ex. : un essuie-main, des
essuie-mains, un cure-ongle, des cure-ongles, un garde-côte,
des garde-côtes – qu’il
s’agisse de personnes ou de choses –, un après-midi, des
après-midis).
La règle ne concerne pas les quelques composés
dont le second élément contient un article (ex. :
trompe-l’œil)
ou commence par une majuscule (ex. : prie-Dieu).
3.2 Mots d'origine
étrangère
Les mots empruntés à d’autres langues,
dont le latin, suivent la règle
générale du singulier et du pluriel des mots
français (ex. : les
boss, les gentlemans, les matchs, les minimas, les minimums).
Exceptions : les noms ayant conservé leur valeur de citation
(ex. : des requiem).
Haut de page
4. Accents et
tréma [4
articles]
4.1 Accent circonflexe
L'accent circonflexe disparait sur les lettres i
et u
(ex. : nous entrainons,
il parait, flute, traitre).
Mais l’accent
circonflexe est maintenu, pour sa fonction analogique ou distinctive,
dans les terminaisons verbales du passé simple (ex. : nous vîmes, vous
lûtes) et du subjonctif (ex. : qu’il
partît, qu’il eût voulu), de
même que dans jeûne(s),
dans les masculins singuliers dû,
mûr et sûr, et dans les formes de croitre qui, sinon,
se confondraient avec celles de croire.
4.2 Accent grave
Devant une syllabe graphique contenant un e
instable (dit e muet),
on écrit è
et non é.
Ainsi, on écrit évènement
sur le modèle de avènement,
règlementaire sur le modèle de règlement,
etc.
Les formes conjuguées des verbes du type céder,
au futur et au conditionnel, s’écrivent avec un
accent grave (ex. : elle
cèderait sur le modèle de elle lèverait).
Dans les inversions interrogatives, la première personne du
singulier en e
suivie du pronom personnel je
porte un accent grave (ex. : aimè-je).
Exceptions : En raison de leur prononciation normée en
syllabe initiale, les préfixes dé- et pré-
(ex. : dégeler,
prévenir), les é-
initiaux (ex. : échelon,
édredon, élever) ainsi que médecin
et médecine,
conservent leur accent aigu.
4.3 Accentuation des mots
d'origine étrangère
Pour l’accentuation (comme pour le pluriel et la soudure),
les mots empruntés suivent la règle des mots
français (ex. : révolver,
vadémécum).
4.4 Tréma
Le tréma est déplacé sur la lettre u
qui correspond à un son dans les suites ‑güe(-) et
‑güi‑
(ex. : aigüe,
ambigüe, ambigüité).
Afin de corriger des prononciations jugées
défectueuses, le tréma est ajouté dans
quelques mots (ex. : argüer,
gageüre, rongeüre).
Haut de page
5. Simplification des consonnes
doubles [3 articles]
5.1 Consonne qui suit un e muet
Une consonne qui suit un
e
instable (dit e muet)
est simple. On écrit ainsi : lunette/lunetier,
dentelle/dentelier, dentelière, prunelle/prunelier,
sur le modèle des séries noisette/noisetier,
chamelle/chamelier. De même, on écrit
: interpeler, nous
interpelons, etc.
5.2 Mots en -olle et verbes en -otter
Les mots anciennement en -olle
et les verbes anciennement en -otter
s’écrivent avec une consonne simple, de
même que leurs dérivés (ex. : girole, frisoter, frisotis).
Font exception les monosyllabes colle,
folle, molle, bien implantés dans
l’usage, et les mots de la même famille
qu’un nom en -otte
(ex. : botte/botter,
flotte/flotter, flottement).
5.3 Verbes en -eler ou en -eter
Les formes conjuguées des verbes en -eler ou -eter
s’écrivent avec un accent grave et une consonne
simple devant une syllabe contenant un e
instable (dit e muet).
Les dérivés en ‑ment de ces verbes
suivent la même règle (ex. : il détèle
sur le modèle de il
pèle, il étiquètera sur
le modèle de il
achètera; nivèlement,
renouvèlement). Exceptions : appeler, jeter et
leurs composés (y compris interpeler), bien
implantés dans l’usage.
Haut de page
6. Accord d'un participe
passé [3 articles]
Laissé
Le participe passé de laisser
suivi d’un infinitif est invariable.
Exemples :
- les enfants
que nous avons laissé partir sur le
modèle de les
enfants que nous avons fait partir
- elle
s’est laissé mourir sur le
modèle de elle
s’est fait mourir
7. Anomalies [4
articles]
7.1 Accent
ajouté
Un accent est
ajouté dans quelques mots où il avait
été omis ou dont la prononciation a
changé (ex. : bésicles).
7.2 Anomalies
supprimées
Quelques anomalies sont supprimées. Par exemple : les
participes passés absout
et dissout, assoir,
douçâtre, exéma comme examen, levreau
comme agneau,
nénufar, ognon comme pognon, relai comme
balai, saccarine, tocade.
7.3 Familles de mots
harmonisées
Quelques familles sont réaccordées, par exemple :
bonhommie
comme bonhomme, chariot
comme charrue,
chaussetrappe comme trappe,
combattivité comme battre, déciller
comme cil,
imbécilité comme imbécile,
innommé comme nommé, persiffler
comme siffler,
prudhommie comme homme,
ventail comme vent.
7.4 Mots en -illier
La finale -illier
est remplacée par la finale -iller lorsque le i
qui suit les deux l
ne s’entend pas (ex. : quincailler,
serpillère).
On conserve toutefois le suffixe -ier
dans les noms d’arbres et de végétaux
(ex. : groseillier).
Haut de page
8. Écrire en nouvelle
orthographe [2
articles]
8.1 Des logos
téléchargeables
Les logos qui suivent vous seront très utiles pour informer
vos correspondants que vous utilisez la nouvelle orthographe. Ces logos
sont téléchargeables à l'adresse
suivante :
http://www.orthographe-recommandee.info/pros
8.2 Un courriel
intéressant
Écrire
en nouvelle
orthographe
Voici un exemple de
lettre ou de courriel
permettant d’illustrer comment on peut, par une
note de bas
de page, indiquer à notre destinataire ou à nos
lecteurs
qu'on utilise la nouvelle orthographe. |
 |
Madame,
J’ai reçu votre courriel dans lequel vous me
posiez quelques questions sur la mise en application des
rectifications. En tant qu’enseignante, vous vous demandez si
vous pouvez les utiliser dans votre travail et les faire connaitre
à vos étudiants, puis si ces nouvelles graphies
sont recensées dans les ouvrages de
référence.
Pour répondre à votre première
question, je vous renvoie au site de l’Office
québécois de la langue française
(OQLF), qui estime, tout comme l’Académie
française, le Conseil supérieur de la langue
française à Paris et d’autres instances
francophones compétentes en Belgique et en Suisse, que :
« ni les graphies traditionnelles ni les nouvelles graphies
proposées ne doivent être
considérées comme fautives ».
De même, l’OQLF a publié en mai 2004 un
communiqué pour redire qu’il est favorable
à ces rectifications et préciser qu’il
privilégie les nouvelles graphies attestées dans
les dictionnaires usuels.
Quant à votre deuxième question, voici une liste
d’ouvrages de renom dans lesquels la nouvelle orthographe est
attestée, en tout ou en partie : la Grammaire du
français actuel, de Théoret et Mareuil (1991); le
Dictionnaire de l’Académie française,
qui intègre toutes les nouvelles graphies depuis sa
dernière édition (1992); Le Bon Usage (1993) et
la Nouvelle grammaire française (1995), de Grevisse et
Goosse; le Nouveau dictionnaire des difficultés du
français moderne, de Hanse (1994); La grammaire
pédagogique du français (1994), de Riegel, Pellat
et Rioul; Le français correct, de Grevisse et Lenoble-Pinson
(1998); le Bescherelle, depuis 1998; la Grammaire
pédagogique du français
d’aujourd’hui, de Chartrand, Aubin, Blain et Simard
(1999); le Robert et Nathan orthographe (2001); le Dictionnaire des
difficultés du français, de Larousse (2001); le
Dictionnaire Hachette, refonte effectuée en 2002 pour
intégrer toutes les rectifications; les correcteurs
informatisés Antidote Prisme (2003), ProLexis (2003),
Microsoft Word ( à venir 2005); le Dictionnaire des verbes
français (2004), de Olivieri; qui plus est, le Petit Robert,
lequel contient plus de la moitié des graphies
rectifiées, et le Multidictionnaire de la langue
française, lequel contient plusieurs des graphies
rectifiées les plus couramment utilisées. De
plus, Le Ramat de la typographie, édition 2005,
d’Aurel Ramat, est publié directement en
orthographe rectifiée, comme le sont d’ailleurs de
plus en plus d’articles de revue et certains ouvrages de
référence, par exemple La grammaire en didactique
des langues (1995), de Claude Germain et Hubert Séguin.
Le ministère de l’Éducation du
Québec (MEQ) tient compte des nouvelles graphies dans la
correction des examens de fin d’année au
collégial (épreuve uniforme de
français), et en 5e secondaire dans
l’épreuve unique d’écriture,
les élèves ayant droit à ces ouvrages
faisant état des rectifications.
À la lumière de ces informations, vous
êtres certainement en mesure de constater que vous pouvez
maintenant utiliser les graphies nouvelles en toute
quiétude! Si cela vous rassure, apposez sur vos documents
distribués en classe le logo de conformité
téléchargeable. Évidemment, vous ne
devez en aucun cas pénaliser un élève
qui utilise des graphies rectifiées. Dans le doute,
reportez-vous à la brochure Vadémécum*
de l’orthographe recommandée, qui
présente en quelques pages la nouvelle orthographe et qui
répertorie la liste alphabétique des deux-mille
mots touchés par les rectifications orthographiques. Cette
brochure est distribuée par le GQMNF dans les librairies du
Québec au cout de 2,50 $.
N’hésitez surtout pas à communiquer
avec moi de nouveau si vous avez d’autres questions.
Annie Desnoyers [gqmnf@renouvo.org]
Pour le Groupe québécois pour la modernisation de
la norme du français (GQMNF) Le GQMNF est membre du
Réseau pour la nouvelle orthographe du français
(RENOUVO)
________________________________________________________________________________
*
J’applique les rectifications orthographiques… et
vous? Pour tout savoir : www.orthographe-recommandee.info
|
Haut de page